Elle illuminait tout le wagon. Cette jeune fille, assise en face de moi, incarnait la pureté et l'innocence même de son âge. Elle devait avoir quelques années de plus que moi, pas davantage. Mais pourtant, j'avais l'impression que c'était le moi auquel j'aspirais. Ses cheveux étaient coupés au carré, courts, qu'elle retenait sur le côté à l'aide d'une petite pince et d'une longue barrette. Ses yeux reflétaient encore plus sa candeur : verts, clairs, grands, si bien que lorsque son regard balayait le wagon, c'était des yeux d'enfants qui observaient l'entourage, animés de curiosité et d'innocence. Sa tenue laissait penser qu'elle provenait d'une bonne famille. Un petit col roulé léger et lâche, pour mettre ses formes en valeur mais pas trop, une jupe droite et courte, mais pas trop, qui laissait apparaître deux jolies jambes enveloppées d'un colant noir. Sa silhouette se terminait par une paire de bottines. Sa situation probable se confirma dans son éducation : elle proposa à une personne debout de prendre la place libre à coté d'elle. Non seulement elle avait l'apparence d'une jeune fille issue d'une famille aisée, mais elle en avait l'éducation.
Le rapprochement entre elle est moi est encore plus subtile que l'apparence que je voudrais avoir. Car elle a aussi l'intelligence et l'attitude. De son sac elle a tiré un livre, et quel livre ! De Chirico. Elle est allée récemment voir l'exposition, ce qui a motivé son achat à la fin de la visite. Elle aimait donc l'art. Mais pas la société de consommation à la vue de son portable, un malheureux Nokia 3310 qui a survécu à toutes les tentations d'avoir un portable plus performant (appareil photo, mp3 et j'en passe). Et encore une chose : elle a hydraté ses mains avec une crème bio : la nature, il n'y a que ça de vrai !
Juste avant le terminus, la jeune fille a sorti un autre livre de sa besace en cuir : un vieux livre bilingue (une page en français et ... en allemand)
A l'arrivée à la gare, elle est descendue rapidement, et a marché d'un bon pas, comme une vraie parisienne. Pourtant, à la station de métro, elle a utilisé un ticket. Direction Chateau de Vincennes, comme moi. Elle est rentrée dans un autre wagon et nos chemins se sont séparés.
C'était vraiment quelqu'un que j'aurai aimé connaître, que j'aurai aimé aborder. Elle sait se mettre en valeur sans que ce soit ni ringard ni choquant. Elle donne de la valeur à ce qui est naturel, à ce qui marche et tant pis si ce n'est pas ce qui se fait de mieux en ce moment, à la culture. Elle aime l'art, elle sait parler allemand. C'est tout à fait le genre de fille qui pourrait s'appeler Bénédicte, ou Marie-Laurence, ou Mathilde et qui assumerait totalement son prénom.
Je ne sais pas si c'est une partie de mon moi, mais en tous cas, c'est ce que j'aimerai être. Distinguée, nature, belle, intelligente, moderne et rétro à la fois.
Le rapprochement entre elle est moi est encore plus subtile que l'apparence que je voudrais avoir. Car elle a aussi l'intelligence et l'attitude. De son sac elle a tiré un livre, et quel livre ! De Chirico. Elle est allée récemment voir l'exposition, ce qui a motivé son achat à la fin de la visite. Elle aimait donc l'art. Mais pas la société de consommation à la vue de son portable, un malheureux Nokia 3310 qui a survécu à toutes les tentations d'avoir un portable plus performant (appareil photo, mp3 et j'en passe). Et encore une chose : elle a hydraté ses mains avec une crème bio : la nature, il n'y a que ça de vrai !
Juste avant le terminus, la jeune fille a sorti un autre livre de sa besace en cuir : un vieux livre bilingue (une page en français et ... en allemand)
A l'arrivée à la gare, elle est descendue rapidement, et a marché d'un bon pas, comme une vraie parisienne. Pourtant, à la station de métro, elle a utilisé un ticket. Direction Chateau de Vincennes, comme moi. Elle est rentrée dans un autre wagon et nos chemins se sont séparés.
C'était vraiment quelqu'un que j'aurai aimé connaître, que j'aurai aimé aborder. Elle sait se mettre en valeur sans que ce soit ni ringard ni choquant. Elle donne de la valeur à ce qui est naturel, à ce qui marche et tant pis si ce n'est pas ce qui se fait de mieux en ce moment, à la culture. Elle aime l'art, elle sait parler allemand. C'est tout à fait le genre de fille qui pourrait s'appeler Bénédicte, ou Marie-Laurence, ou Mathilde et qui assumerait totalement son prénom.
Je ne sais pas si c'est une partie de mon moi, mais en tous cas, c'est ce que j'aimerai être. Distinguée, nature, belle, intelligente, moderne et rétro à la fois.
